Le vomissement est l'expulsion forcée, par la bouche, du contenu digestif. Sa valeur sémiologique est très variable et elle dépend de son caractère (est-il précédé de nausées ou, au contraire, « en fusée ») et des circonstances anamnestiques.
Certes, le vomissement n'est habituellement que le signe banal d'une intolérance alimentaire et, bien souvent, il oriente l'attention du médecin vers la sphère digestive : affection chronique ou aiguë (le vomissement faisant rarement défaut dans les urgences abdominales). Mais il peut survenir également dans des troubles aussi divers que des maladies infectieuses aiguës, des affections nerveuses (méningites, hypertension intra-crânienne), des cardiopathies (infarctus du myocarde), des affections endocriniennes (diabète décompensé, insuffisance surrénale aiguë). Citons, enfin, les vomissements déclenchés par une intolérance à certains médicaments, à maintes substances vénéneuses ou à diverses toxines microbiennes, sans oublier les fréquents vomissements psychogènes. Dans ce dernier groupe peuvent être rangés notamment les vomissements incoercibles de la grossesse non désirée ou grevée d'anxiété. Car, si l'utérus gravide constitue bien une masse pelvienne capable de déclencher des vomissements réflexes, ceux-ci ne dépassent pas normalement le degré d'un malaise fréquent. Au contraire, la maladie émétisante de la femme enceinte est extrêmement sérieuse. Elle conduit à hospitaliser la malade dont l'état général est rapidement affecté. Des vomissements répétés entraînent, en effet, une perte de l'acide chlorhydrique gastrique, donc de chlore. Il peut s'ensuivre un grave déséquilibre électrolytique qu'il faut compenser en administrant du soluté salé en goutte à goutte rectal ou par voie intraveineuse si l'intolérance aux liquides interdit la voie digestive.
François BOURNÉRIAS
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