3. Le contexte « épistémologique » : Descartes
La psychologie de la volonté a reçu une impulsion toute différente, parfois en conjonction avec la spéculation précédente, de la réflexion sur l'erreur. Cette réflexion n'est pas sans relation avec la méditation antérieure sur le mal. Elle s'en distingue, néanmoins, en ce qu'elle déplace l'accent de l'éthique sur l'épistémologie. L'enquête sur la volonté est un moment dans l'entreprise de fondation radicale de la connaissance vraie dont la science exacte est le modèle. La théorie du jugement est le cadre de cette nouvelle investigation, qui trouve dans les Méditations métaphysiques de Descartes (Méditation quatrième) son exposé classique. Non que la conception cartésienne soit sans antécédent : les stoïciens, déjà, avaient vu dans l'« opinion » la conjonction entre l'« assentiment » (c'est-à-dire la volonté) et la « représentation » et fait appel au pouvoir que nous avons de suspendre (épochè) notre assentiment pour briser l'empire des passions ; la psychologie médiévale, d'autre part, avait conçu, avant Descartes, le jugement comme une action réciproque de l'entendement et de la volonté. Mais c'est la première fois, avec Descartes, que cette psychologie de l'assentiment s'intègre, à travers la question des causes de l'erreur, à une recherche sur les moyens de « parvenir à la connaissance de la vérité ». En faisant porter sur la volonté tout le poids de l'erreur, Descartes libère de tout soupçon « la puissance de connaître [...] : car par l'entendement seul je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses, que je puis assurer ou nier. Or, en le considérant ainsi précisément, on peut dire qu'il ne se trouve jamais en lui aucune erreur, pourvu qu'on prenne le mot d'erreur en sa propre signification. » Il n'y a donc pas d'idée fausse, pas de fausseté matérielle. Ce n'est pas à dire que la volonté comme telle soit cause d'erreur : « car elle consiste seulement en ce que nous pouvons faire une c […]
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