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VOLONTÉ

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3.  Le contexte « épistémologique » : Descartes

La psychologie de la volonté a reçu une impulsion toute différente, parfois en conjonction avec la spéculation précédente, de la réflexion sur l'erreur. Cette réflexion n'est pas sans relation avec la méditation antérieure sur le mal. Elle s'en distingue, néanmoins, en ce qu'elle déplace l'accent de l'éthique sur l'épistémologie. L'enquête sur la volonté est un moment dans l'entreprise de fondation radicale de la connaissance vraie dont la science exacte est le modèle. La théorie du jugement est le cadre de cette nouvelle investigation, qui trouve dans les Méditations métaphysiques de Descartes (Méditation quatrième) son exposé classique. Non que la conception cartésienne soit sans antécédent : les stoïciens, déjà, avaient vu dans l'« opinion » la conjonction entre l'« assentiment » (c'est-à-dire la volonté) et la « représentation » et fait appel au pouvoir que nous avons de suspendre (épochè) notre assentiment pour briser l'empire des passions ; la psychologie médiévale, d'autre part, avait conçu, avant Descartes, le jugement comme une action réciproque de l'entendement et de la volonté. Mais c'est la première fois, avec Descartes, que cette psychologie de l'assentiment s'intègre, à travers la question des causes de l'erreur, à une recherche sur les moyens de « parvenir à la connaissance de la vérité ». En faisant porter sur la volonté tout le poids de l'erreur, Descartes libère de tout soupçon « la puissance de connaître [...] : car par l'entendement seul je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses, que je puis assurer ou nier. Or, en le considérant ainsi précisément, on peut dire qu'il ne se trouve jamais en lui aucune erreur, pourvu qu'on prenne le mot d'erreur en sa propre signification. » Il n'y a donc pas d'idée fausse, pas de fausseté matérielle. Ce n'est pas à dire que la volonté comme telle soit cause d'erreur : « car elle consiste seulement en ce que nous pouvons faire une c […]

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ALIÉNATION

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le français et l'allemand"  : …  de l'extension de la notion, mais dans une autre direction, qui sera examinée à son tour. *Les Principes de la philosophie du droit incorporent à une philosophie de la volonté, c'est-à-dire de la liberté réalisée, la notion du contrat d'échange et d'aliénation qu'elle implique ; cependant, dans le même ouvrage, Hegel récuse l'… Lire la suite
AUGUSTIN saint (354-430)

Écrit par :  Michel MESLIN

Dans le chapitre "L'homme et la liberté"  : …  une délectation céleste. Elle constitue l'appel à un tel bonheur qu'elle entraîne l'adhésion de la *volonté de l'homme. En d'autres termes, l'amour de Dieu, que la grâce propose, peut seul entraîner l'adhésion de la volonté. Et dans l'analyse de ce mécanisme on retrouve sans peine la structure hiérarchisée des causes, chère à Augustin : cette… Lire la suite
AUTONOMIE

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "Du blasphème pascalien au « respect » kantien"  : …  psychologiste comme dans la variante théologique, la loi est un donné devant lequel doit s'incliner* la volonté individuelle. Un pas décisif est accompli quand la réflexion, au lieu de considérer seulement la loi, s'attache au processus dont la loi est issue. Il est vrai que la conception kantienne du Devoir insiste sur la soumission du sujet… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Les biens objectifs et la bonne volonté kantienne"  : …  sont pas voulus par tous, mais sont dignes d'être voulus. Ces biens sont des valeurs intrinsèques. *La bonne volonté, au sens où la définit Kant dans les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785) et dans la Critique de la raison pure (1781), est par excellence un bien de ce type. Dans la conception kantienne, le concept de… Lire la suite
BONHEUR

Écrit par :  André COMTE-SPONVILLE

Dans le chapitre "Bonheur, espoir et vertu"  : …  d'un bien présent qui dépend de moi), les stoïciens lui donnent le nom, qui est le sien, de *volonté. C'est la puissance d'agir. Elle est au sage ce que l'espérance est aux fous, et son rapport privilégié au bonheur. Puisque le sage veut tout ce qui arrive, tout arrive comme il veut ; il est donc heureux toujours sans espérer jamais. Qu… Lire la suite
CONCUPISCENCE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Du latin concupiscere, désirer ardemment (même origine : cupere, désirer, convoiter, d'où est tiré le nom romain du dieu de l'Amour, Cupidon, identifié à l'Éros des Grecs). Dans la langue courante, concupiscence désigne le penchant à jouir des biens sensibles, voire l'attachement aux plaisirs sensuels. Dans la langue philosophique… Lire la suite
CONTRAT

Écrit par :  Georges ROUHETTE

Dans le chapitre "Le contractualisme"  : …  *Classiquement, la notion de contrat se meut au sein de la doctrine dite de l'autonomie de la volonté. Les principes – ou les postulats – sur lesquels se fonde cette dernière peuvent être ramenés à deux : nul ne saurait être obligé en dehors de sa volonté (il n'est point d'engagement juridique sans contrat) ; tout engagement volontaire est légitime… Lire la suite
CRÉATION - Création et créativité

Écrit par :  Bernard BOURGEOIS

Dans le chapitre "La théologie de la créativité divine en l'homme"  : …  même que ces philosophies concèdent à l'homme un être et une liberté propres, de telle sorte que *l'on peut tout au plus parler d'un accord entre la volonté humaine et la volonté divine, ce pouvoir d'adhérer ou non au contenu du monde des vérités et des valeurs ou à la puissance qui les maintient ou qui les pose, cette volonté Lire la suite
CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "L'assentiment"  : …  que l'erreur soit possible. À partir de ce point, l'analyse se poursuit en termes quasi stoïciens ; *le clivage que Descartes institue entre l'entendement et la volonté est une reprise exacte de celui que les stoïciens introduisaient entre la représentation et l'assentiment. Ce qui est nouveau et doit être incorporé à notre analyse, c'est le rôle de… Lire la suite
DESCARTES RENÉ (1596-1650)

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "Utiliser la nature et agir sur elle"  : …  *On le voit : les passions « incitent et disposent » l'âme des hommes « à vouloir des choses auxquelles elles préparent leur corps ». Elles ont du reste une fin utile, et leur usage est « d'inciter l'âme à consentir et contribuer aux actions qui peuvent servir à conserver le corps, ou à le rendre en quelque façon plus parfait ». En ce sens, les… Lire la suite
DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

Écrit par :  Maurice de GANDILLAC Universalis

Dans le chapitre "Intellect et volonté"  : …  entre tous les étants. Un schéma analogue peut éclairer la relation entre le connaître et *le vouloir, souvent défigurée par des exposés superficiels et tendancieux. Il est certain que la liberté est, pour Scot, la plus « noble cause » parce qu'elle seule conduit à la jouissance d'un Dieu qui est avant tout amour (et, sur un plan plus… Lire la suite
ENGAGEMENT

Écrit par :  Jean LADRIÈREJacques LECARMEChristiane MOATTI

Dans le chapitre " Problématique de l'engagement"  : …  expliquer à son sujet, à donner ses raisons, et à subir toutes les conséquences qui en découleront. *Or, ce qui est remarquable dans la conduite d'engagement, c'est qu'elle porte sur un état de choses en grande partie indépendant de la volonté de l'acteur, et quant au passé et quant à l'avenir. L'acteur ne fait qu'hériter de la situation qu'il… Lire la suite
FONDEMENTS DE LA MÉTAPHYSIQUE DES MŒURS, livre de Emmanuel Kant

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La morale dans le projet critique"  : …  morale nous était « naturelle »), l'instinct serait mieux à même de nous y conduire que la raison. *Au contraire, la morale n'est rationnelle que pour autant que le mobile de l'action se distingue de toute inclination : mobile pur de la volonté, le « devoir » remplit seul cette condition. Mais qu'est-ce que le devoir ? Alors que l'ensemble des… Lire la suite
GODEFROID DE FONTAINES (av. 1250-apr. 1305)

Écrit par :  Olivier JUILLIARD

… *Né près de Liège, ce clerc séculier fut étudiant à l'université de Paris vers 1270 et assista à la grande querelle entre Thomas d'Aquin, Gérard d'Abbeville et Siger de Brabant. Puis il suivit les leçons d'Henri de Gand et défendit contre lui le thomisme. Régent de théologie à Paris de 1285 à 1304, il était titulaire de la prévôté de Saint-Séverin… Lire la suite
INFINI, philosophie

Écrit par :  Emmanuel LÉVINAS

…  de la notion de transcendance. Mais elle réside aussi dans l'idée même de puissance, dans la *volonté que la puissance suppose, dans la spontanéité qui est précisément une façon d'être sans se déterminer par le dehors, c'est-à-dire sans avoir de limites. Le Dieu cartésien sera infini de la sorte : volonté qui n'est même pas commandée par… Lire la suite
KANT EMMANUEL (1724-1804)

Écrit par :  Louis GUILLERMIT

Dans le chapitre "La philosophie pratique"  : …  elle est pratique, c'est-à-dire capable par son seul pouvoir législateur de déterminer la *volonté. Il s'agit cette fois de prévenir cette autre forme d'égarement dans le transcendant qui consiste à concevoir à partir de déterminations empiriques un objet dont devrait dépendre l'exercice de la volonté : de quelque manière qu'il soit… Lire la suite
LIBERTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Intention et fin"  : …  pratique de Kant ; on évoquera celle-ci à propos du « deuxième discours » sur l'action libre ; *les notions de devoir et de loi déterminent sans doute ce que Kant appelle la volonté objective ; mais, chez un être comme l'homme, dont la volonté est affectée par le désir, la volonté subjective est à la croisée du devoir et du désir ; l'action… Lire la suite
MALEBRANCHE NICOLAS (1638-1715)

Écrit par :  Ginette DREYFUS

Dans le chapitre "Le système de l'univers"  : …  de l'homme, seule responsable de l'erreur et du péché. Ici encore, la tâche est ardue, car la *volonté, loin de s'identifier, comme chez Descartes, avec la liberté, semblerait devoir l'exclure. En effet, la volonté de l'homme, c'est la volonté même de Dieu, c'est l'amour que Dieu se porte, traversant, pour ainsi dire, la créature. Or, Dieu s'… Lire la suite
MŒURS

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "La morale subjective et la moralité réalisée"  : …  de volontés qui cherchent leur satisfaction dans la réalisation effective de leurs projets. *Il n'y a pas de conscience morale sans « subjectivité du vouloir », mais cette subjectivité n'est que la première étape de la conscience morale. En effet, ma volonté, à moins qu'elle ne soit condamnée à demeurer tout à fait indéterminée, cherche à se… Lire la suite
LE MONDE COMME VOLONTÉ ET COMME REPRÉSENTATION, livre de Arthur Schopenhauer

Écrit par :  Francis WYBRANDS

…  des philosophies de l’existence, il place la souffrance et l’ennui au cœur de sa réflexion. *Le monde n’est que le leurre de celui qui croit naïvement qu’il correspond à ses représentations, tandis que la volonté, véritable « chose en soi », est l’essence de la vie qui ne cherche obscurément rien d’autre qu’à persévérer par tous les moyens… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Le problème philosophique du fondement de la morale"  : …   ; depuis que, avec le grand débat entre les pélagiens et saint Augustin, les deux tendances, *soit à l'affirmation du pouvoir de la volonté humaine, soit à celle de l'absolue insuffisance de la volonté déchue, se sont affirmées, la pensée morale du christianisme a été tirée tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, même à l'intérieur du… Lire la suite
PASSION

Écrit par :  Baldine SAINT GIRONS

…  : un élément est pris pour le tout, si bien qu'est rendue impossible toute détermination de la *volonté par le libre arbitre. Mais la passion, pour la première fois dans l'histoire des idées, caractérise le sujet, et lui seulement, puisqu'elle ne saurait être attribuée à un être dépourvu de volonté. Ainsi, paradoxalement, cette conception, en… Lire la suite
RECHERCHES PHILOSOPHIQUES SUR L'ESSENCE DE LA LIBERTÉ HUMAINE, livre de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Dans le chapitre "La liberté et le mal"  : …  le mal, c'est encore par un acte qui lui est propre, et qui le constitue comme être intelligible. *La liberté constitue bien le fond de l'être : « En dernière et suprême instance, il n'y a pas d'autre être que le vouloir. Vouloir est l'être originaire, et c'est à lui seul que reviennent tous les prédicats de ce dernier : absence de fondement,… Lire la suite
RICŒUR PAUL (1913-2005)

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "« Un cogito militant et blessé »"  : …  des institutions politiques, universitaires et juridiques (Histoire et vérité, 1994). *Qu'est-ce qu'un « cogito blessé ? ». Pour découvrir le sens de cette formule, il faut revenir au vaste chantier d'une philosophie de la volonté, telle qu'elle se met en place en 1949 avec Le volontaire et l'involontaire. La… Lire la suite
SAGESSE

Écrit par :  Manuel de DIÉGUEZ

Dans le chapitre "La preuve par la force ; la sagesse et la liberté"  : …  servir d'instance raisonnable aux objets inanimés et en quelque sorte fournir le verbe à la nature. *S'il a refusé de sauver son corps, c'est que la liberté du sage est dans sa volonté ; et sa volonté de subir le verdict des Athéniens dit que la force ne peut agir que sur la matière de son corps, non sur le « vrai Socrate ». Celui-ci est un tout… Lire la suite
SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

Écrit par :  Jean LEFRANC

Dans le chapitre "La métaphysique de la volonté"  : …  non pas comme objet en soi qui redoublerait vainement le phénomène, mais dans l'expérience de la *volonté étendue à toute la vie affective, à la vie du corps entier saisi subjectivement et non plus objectivement comme représentation. Schopenhauer est très conscient d'être novateur en substituant la dualité de la volonté et de l'intellect à la… Lire la suite
SUICIDE

Écrit par :  René ARLABOSSEJean-Pierre BLANADETBaldine SAINT GIRONS Universalis

Dans le chapitre "Le paradoxe d'un désir de mort"  : …  à petit vers elle : nous mourons chaque jour. » Et Kojève : l'homme n'est qu'une « mort différée ». *Le suicide apparaît alors comme le triomphe de la volonté individuelle, au temps même où celle-ci perd son support. Mais, si le cadavre est retour à l'existence naturelle, nous savons par ailleurs que toute victoire est d'autant plus définitive qu'… Lire la suite
THOMISME

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

Dans le chapitre "L'homme"  : …  l'homme en son pouvoir propre, objet de connaissance que selon une méthode négative. Enfin, la *volonté, principe d'appétit essentiel à l'âme intellective, intègre normalement l'affection sensible. Toutefois, c'est la régence de la volonté sur les émotions qui définit l'acte volontaire. Principe moteur par excellence, la volonté exerce un… Lire la suite
VOLONTARISME

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Doctrine qui affirme le primat de la volonté sur l'intelligence. Elle inspire des théologies (Duns Scot), des philosophies (Schopenhauer, Nietzsche, et aussi Descartes), des psychologies (Wundt, Burloud), des sociologies (Weber, Tönnies, jusqu'à un certain point Talcott Parsons et Alain Touraine). En fait, le volontarisme n'est radical que là où la… Lire la suite

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