2. La Volga supérieure, un réseau de canaux au service de Moscou
De la source à Rybinsk, la Volga est avant tout dévolue aux transports, sous la domination de la toute proche capitale russe. Le fleuve prend sa source à seulement 228 mètres d'altitude, dans la partie nord du plateau central russe. Au bout de 15 kilomètres, il est déjà équipé du petit barrage de Verkhnié Voljsk (depuis 1843), puis coule de manière naturelle sur 180 kilomètres, franchissant par une trentaine de rapides les obstacles laissés sur les hauteurs de Valdaï par les dépôts glaciaires. C'est en aval de Rjev que la Volga devient navigable et son artificialisation va alors croissant. À Tver, elle reçoit les eaux d'un bassin détourné vers le fleuve pour en augmenter le débit. Ensuite, elle est barrée des ouvrages d'Ivankovo et d'Ouglitch, qui datent de l'entre-deux-guerres. Tous deux pourvus d'une écluse, ils permettent depuis les années 1940 la navigation à grand gabarit et ont été pensés en lien avec l'ouverture en 1937 du canal de Moscou qui, unissant Oka et Volga, avait été l'un des premiers maillons du système des cinq mers. Les deux barrages possèdent aussi chacun une centrale hydroélectrique. Malgré leur petite taille, elles étaient utiles à Moscou, en raison de leur proximité, à l'époque de pénurie des années 1940.
L'influence de la capitale de la Fédération, qui se trouve à seulement une centaine de kilomètres d'Ivankovo, est en effet très marquée dans la région. Cette présence étouffante a empêché le développement de toute grande agglomération sur la haute Volga, à l'exception de Tver, l'ancienne Kalinine. Cette ville doit sa fortune à sa situation géographique, là où la Volga croise la grande voie de Moscou à Saint-Pétersbourg et dont dépend son usine de matériel ferroviaire. Mais, depuis la chute de l'U.R.S.S. en 1991, année où la ville avait atteint une population de 456 000 habitants, le voisinage de la capitale conduit à une forte émigration, si bien que Tver ne comptait plus que 406 000 habitants en 2006.
La haute Volga se termine au lac de Rybinsk. Mis en eau en 1941, ce lac de barrage, qui s'étend sur 4 550 km2, est en importance le deuxième du continent européen. Construit avant tout pour modérer le régime du fleuve, il permet aussi de faire tourner une centrale de 330 000 kW.
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