Source constante d'admiration, le vol animal, et tout particulièrement celui des Oiseaux, a toujours nourri la réflexion philosophique, voire religieuse, de l'humanité et tient une place de choix dans les mythologies classiques comme dans le bagage culturel de tous les peuples. Il n'est pas de phénomène qui ait suscité davantage de spéculations, qui ait autant donné prise aux rêveries des poètes, aux élans des mystiques.
À l'époque classique, l'analyse rationnelle des phénomènes physiques impliqués par le vol animal prend le pas, peu à peu, sur la rêverie émerveillée. Aux xviiie et xixe siècles, la confrontation de plus en plus précise de la structure à la fonction, malgré des difficultés pratiques extrêmes, conduit à une analyse plus poussée de la machine volante animale et du phénomène du vol. La synthèse des résultats acquis va favoriser la réalisation, d'abord très progressive et imparfaite, puis plus perfectionnée de l'« oiseau artificiel », l'avion.
En ce sens, on peut dire que le désir de voler et l'exemple de la solution du « plus lourd que l'air » fourni par le vol animal furent à l'origine du développement de l'aviation. Malgré l'essor foudroyant de l'aéronautique et de l'aérodynamique, le vol animal conserve toujours son pouvoir de fascination sinon son mystère, et les réalisations techniques les plus élaborées sont bien loin de satisfaire au rêve mythique de ce vol silencieux, sans effort apparent, rapide ou immobile, infiniment sûr et maniable, dont la nostalgie reste profondément ancrée au cœur de l'homme. À chaque génération, le rêve d'Icare n'est-il pas, en effet, suggéré à l'enfant par le spectacle de l'oiseau ?
1. Les grandes fonctions liées au vol
Le vol complet, c'est-à-dire le maintien stationnaire d'un animal dans l'atmosphère ou son déplacement volontaire, actif, dans les trois dimensions de l'espace, implique la réalisation simultanée de trois fonctions élémentaires, la sustentation, la propulsion et la régulation (ou équilibration).
La sustentation […]
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