2. Techniques vocales dans les théâtres d'Asie orientale
Dans les théâtres d'Asie orientale, que ce soit le jingxi chinois, le nô, le kabuki japonais ou le hat tuông, le hat chèo, le hat cai luong vietnamiens, la déclamation et le chant sont très importants.
Les techniques vocales varient d'un pays à l'autre et, bien entendu, elles diffèrent en de nombreux points de celles qui sont en usage en Occident. On ne trouve pas la même distinction entre voix de soprano, de ténor ou de baryton. La manière de respirer, de prononcer les mots ou d'orner les notes est parfois déconcertante pour un chanteur occidental.
• Les timbres
Dans les théâtres des pays de l'Asie orientale, on recherche les timbres inhabituels de la voix, dans l'aigu comme dans le grave.
La voix dite « de tête » – ou « du cerveau », dans la tradition vietnamienne –, très proche de la voix de fausset, est utilisée dans la déclamation et le chant, dans le jingxi (Chine) et le hat tuông (Vietnam). Elle convient aux jeunes rôles masculins ou féminins. C'est ainsi que le xiaosheng, jeune homme dans le jingxi chinois, a une voix très particulière : une syllabe prononcée dans le grave est suivie d'une autre prononcée avec la voix de fausset.
La voix gutturale ou pharyngienne, un peu plus grave et plus sonore que la voix naturelle, se rencontre surtout dans le nô japonais ; c'est une voix qui, selon Akira Tamba, « donne une sensation d'intensité dramatique, d'énergie virile, de grandiloquence et de calme ». Dans le théâtre vietnamien, les rôles de vieillard utilisent cette voix, mais d'une manière moins large que celle du théâtre nô. Elle est obtenue en tirant le menton vers l'intérieur et en comprimant le gosier.
La voix de poitrine est celle des rôles de guerriers au « visage peint » dans les théâtres chinois et vietnamiens, une voix pleine, avec une grande puissance de souffle, et qui résonne dans la cavité thoracique.
Il existe d'autres voix particulières qui expriment les sentiments violents, comme la voix dite « du foie » (giong gan) ou celle « des intestins » (giong ruôt) dans la tradition vietnamienne, utilisées pour exprimer respectivement la colère et la douleur morale.
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