Le romancier tchèque Vladislav Vančura apparaît comme le continuateur d'une tradition qui fait de l'écrivain le défenseur des intérêts vitaux de son peuple. Il abandonne tôt la médecine pour se consacrer aux lettres. Ses premiers ouvrages révèlent son originalité : romans, contes ou pièces de théâtre sont pour lui comme un laboratoire où il expérimente les pouvoirs du langage. Le Courant de l'Amazonie (Amazonsky prond, 1923), Le Boulanger Jan Marhoul (Bekař Jan Marhoul, 1924) et Les Champs de labour et de guerre (Pole orná a válečná, 1925) font de lui, malgré son style difficile, un écrivain apprécié. Le critique Salda voit dans Procès criminel, ou le proverbe (Hrdelní pře anebo Přísloví, 1930) une tentative de réinsuffler au roman contemporain le goût et le sens de l'action. Quant aux diverses interprétations que suggèrent ses textes, elles prouvent, toujours selon Salda, la richesse de l'œuvre. Vančura restitue sa vraie valeur à la prose : il n'est pas question pour lui d'accepter la prose insipide de ces ouvrages où les individus sont comme des rouages d'une société qui les dépasse ; non que Vančura soit, […]
