On ne sait ce qu'on peut admirer le plus dans les dessins et la peinture de Vladimir Veličković. Il est avec Dado et Ljuba l'un des trois peintres d'origine yougoslave qui, venus à Paris après la guerre, s'y sont fait connaître internationalement. Ayant reçu un diplôme de la faculté d'architecture de Belgrade, où il est né en 1935, et s'étant installé lui-même à Paris en 1966, il s'est tout de suite fait remarquer par le dynamisme et l'acuité de son trait, une sorte de violence contrôlée et de puissance baroque que Marc Le Bot, qui lui a consacré un livre important Vladimir Veličković, essai sur le symbolisme artistique (1979), préfère appeler un « vertige de la géométrie ». Selon Le Bot, « la peinture de Veličković semble renouer avec la plus ancienne tradition artistique lorsqu'elle se donne à déchiffrer comme une allégorie de la destinée ». Orateurs, gibets, homme qui court, heurts, obstacles, états de saut, homme qui marche, naissance, homme décapité couché sur un brancard (l'une de ses plus belles toiles — elle lui fut inspirée par la mort de Topino-Lebrun, peintre révolutionnaire guillotiné par Bonaparte —, proposée par Alain Jouffroy en 1977 pour l'exposition
