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SOLOVIEV VLADIMIR (1853-1900)

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2.  Du slavophilisme à l'eschatologie

De 1874 à 1880, Soloviev publie La Crise de la philosophie occidentale, les Principes de la connaissance intégrale, la Critique des principes abstraits. Il est alors idéaliste et slavophile. Dans l'Orient non chrétien, Dieu absorbe l'homme ; dans l'Occident rationaliste, l'homme prétend se déifier par ses propres forces ; seul le « monde slave » peut révéler à l'Orient et à l'Occident la plénitude de la divino-humanité.

À partir de 1880, avec les Cours sur la théandricitéLes Fondements spirituels de la vieHistoire et avenir de la théocratie, Soloviev élargit sa vision et devient universaliste. Il élabore une conception spirituelle intégrale et dynamique et cherche son application dans l'idéal d'une libre théocratie où s'uniraient les charismes sacerdotal du pape, royal du tsar et prophétique du philosophe inspiré.

Soloviev mène alors, plus seul que jamais, un dur combat contre le nationalisme russe et pour l'union des Églises (1883 : La Grande Controverse ; 1889 : La Russie et l'Église universelle). Il ne se convertit pas au catholicisme, mais affirme sa foi dans l'unité profonde de l'Église, maintenue malgré les divisions historiques des chrétiens. Il pose, une seule fois, prophétiquement, un geste d'intercommunion.

Dans une dernière période, de 1891 à 1900, les grandes synthèses et les grands espoirs des années précédentes s'effondrent : l'histoire n'apparaît plus comme la réalisation progressive du Bien, mais comme une tragédie dont la solution ne peut être qu'eschatologique. L'homme doit mener un combat toujours à reprendre dans l'éthique personnelle et sociale (La Justification du bien, 1895), dans l'amour humain (Le Sens de l'amour, 1894) et surtout dans l'art, qui doit tendre à une « théurgie » capable « d'éclairer et de transfigurer le monde » (Philosophie théorique, 1899). Si toute la pensée de Soloviev est nourrie, d'une part, de la tradition orthodoxe russe, d'autre part, de la tradition hellénique sous la forme platonicienne, on peut dire que la première l'emporte de manière décisive avec le Le Récit sur l'antéchrist, hallucinante prophétie du xxe siècle, paru juste avant que le philosophe ne s'éteigne à Uzkoé, près de Moscou, dans une maturité dépouillée jusqu'à l'angoisse.

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Écrit par :  Pierre CITTI

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