4. L'Esprit « vivifiant »
« La plénitude de la divinité, l'accomplissement ultime vers lequel tendent les personnes créées s'ouvrent dans le Saint-Esprit. Saint-Esprit qui fait dépasser toutes les limitations, confère à la connaissance de l'Incognoscible la plénitude de l'expérience, transforme les ténèbres divines en Lumière dans laquelle nous communions avec Dieu. » Si Dieu s'est fait homme, c'est pour que l'homme puisse recevoir l'Esprit, se déifier dans sa lumière. Pour Lossky, le mystère du Saint-Esprit est inséparable de celui de la personne. En Dieu, « la procession du Saint-Esprit est un dépassement infini de la dyade, dépassement qui consacre la diversité absolue des personnes ». C'est dans l'Esprit que Dieu « franchit le mur ». C'est dans l'Esprit que Dieu « franchit le mur » de sa transcendance pour communiquer ses énergies. C'est l'Esprit qui, de l'intérieur, vivifie la personne humaine, lui ouvre l'espace infini de sa liberté créatrice, rend sa différence transparente comme une icône.
Si Vladimir Lossky a si vigoureusement dénoncé les formules « filioquistes » de la scolastique latine, c'est qu'elles lui semblaient porter atteinte à la plénitude de l'Esprit, en subordonnant celui-ci au Fils d'une manière unilatérale. Pour Lossky, en effet, il faut confesser, entre le Fils et l'Esprit, « ces deux mains du Père », une subordination mutuelle, une réciprocité infinie d'existence et de service. Réciprocité qui conditionne celle des « deux aspects de l'Église », l'aspect christologique, qui concerne surtout l'ordre de la « nature » (offrant par les sacrements, que scelle le témoignage de la hiérarchie, la nature humaine déifiée et déifiante du Christ), et l'aspect pneumatologique, qui concerne surtout l'ordre des personnes, le foisonnement des charismes, la libre communion, dans l'Esprit, des consciences personnelles.
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