2. Penser « dans le mystère »
Pour Vladimir Lossky, la véritable démarche théologique constitue l'expression symbolique de l'expérience chrétienne, qui est mort et résurrection en Christ et transfiguration dans l'Esprit. La théologie est donc nécessairement mystique, mais d'une mystique ecclésiale, celle de l'homme en libre communion, en tradition vivante et créatrice, qui découvre dans les dogmes « les principes d'une connaissance nouvelle s'ouvrant en nous et adaptant notre nature à la contemplation des réalités qui surpassent tout entendement humain ».
Comme le dogme où elle se concentre et qui l'illumine, la théologie ne pense donc pas sur le mystère, ne l'enferme pas dans un système de concepts ; elle tente de penser « partiellement » dans le mystère et, par son nécessaire « échec », conduit l'intelligence à se dépasser dans le silence de l'union. C'est pourquoi Vladimir Lossky a sans cesse recours à l'apophase qui, par la négation (l'abîme divin toujours au-delà) et l'antinomie (l'Inaccessible crucifié), « déconceptualise » la parole, l'arrache à la logicité pour l'ouvrir au Logos. Toute la pensée de Lossky se concentre ainsi en ce qu'il nomme des « distinctions-identités ».
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



