Fils d'un modeste fonctionnaire ukrainien, bientôt orphelin, Korolenko connaît une adolescence difficile, et poursuit ses études à Moscou, à l'académie agricole et forestière. Populiste fervent, il est renvoyé, puis exilé en Sibérie (1879-1884). Il revient plein d'impressions nouvelles et acquiert la célébrité en publiant en 1885 Le Rêve de Makar (Son Makara), plaidoyer d'un gueux au Jugement dernier, et Croquis de Sibérie (Sibirskie očerki). Il donne l'année suivante Le Musicien aveugle (Slepoj muzykant) et La forêt bruit (Les Šumit). Son lyrisme plein de verdeur et d'innocence populaire, son style sans prétention, son imagination fraîche et naïve conquièrent les lecteurs. Installé à Nijni-Novgorod, il devient un homme public, anime l'aide aux indigents, intervient dans les procès, encourage les écrivains autodidactes (il découvre Gorki) ; puis, à Saint-Pétersbourg, il dirige avec le populiste Mikhaïlovski la revue La Richesse russe. D'un voyage aux États-Unis, il ramène un récit d'immigrant : Sans langue (Bez jazika, 1895). Il publie encore des souvenirs de Sibérie, des études : Le Sacrifice de Multan (Multanskoe Žertvoprinošenie, 1896), La Tragédie de Sorotchinsk (Soročinskaja tragedija, 1907). Dans l'attente d'une révolution populaire, Korolenko s'attache au personnage de Pougatchev, héros favori des populistes, et projette d'écrire son histoire. Mais le spectacle de la révolution de 1917 le pousse à émigrer. Il laisse un vaste ouvrage autobiographique, L'Histoire de mon contemporain (Istorija moego sovremennika).
Alexandre BOURMEYSTER
Retour en haut



