Cousin d'Alexandre Ivanovitch Odoïevski, disciple de Schelling, Vladimir Fedorovitch Odoïevski publie avec le futur décembriste Küchelbecker l'almanach Mnémosyne pour diffuser les conceptions esthétiques allemandes et lutter contre la gallomanie. Apolitique, il anime avec Venevitinov le cercle des Ljubomudry (« amants de la sagesse », soit, en vieux slave, philosophes), dont on retrouve l'atmosphère dans son insolite recueil Les Nuits russes (Russkie noči) : dans une suite de nouvelles disposées en Nuits sont illustrées des conceptions métaphysiques, religieuses, politiques, scientifiques, esthétiques, qui sont ensuite discutées par des interlocuteurs symboliques. Humaniste, esprit animé d'une curiosité universelle à l'égard de l'Occident, à égale distance des slavophiles et des occidentalistes, Vladimir Odoïevski est aussi un fin critique musical. Il contribue à la gloire de Glinka, dont il étudie les opéras, et encourage Dargomyjski.
