L’étymologie du terme wazīr (vizir) est fort controversée. Si l’accent a longtemps été mis sur son origine pahlavi, c’est le caractère arabe du terme — wazīr, de la racine trilitère wzr — qui a ensuite retenu l’attention, le mot servant à désigner, de manière large et vague, « celui qui aide à porter un fardeau ». Quant à la fonction elle-même, elle se caractérise par son aspect fluctuant et imprécis, recouvrant tantôt une responsabilité purement administrative, tantôt une véritable suppléance du calife pour inclure alors le commandement militaire suprême et la direction politique de l’État.
Avec la décadence des ‘Abbāsides, le wazīr est remplacé par un grand émir (‘amīr al-‘umarā) qui assume les fonctions de chef de l'État. En revanche, dans les diverses dynasties issues du morcellement du califat, on retrouve un wazīr dont les fonctions et attributions sont tout aussi « évolutives » que celles du wazīr ‘abbāside. Ainsi, le dīwān qui assiste le sultan saldjūqide est dirigé par un wazīr (sahib-i-dīwān) chargé de l’application des lois et règlements. Enfin, sous les Ottomans, la fonction est maintenue, mais le titre de wazīr est porté par un bon nombre de hauts fonctionnaires.
Dans l'Égypte antique, le personnage principal du gouvernement, après le pharaon, s'appelait le ṯjaty ; mais il a été appelé wāzir par les historiens, étant donné la ressemblance de ses fonctions avec celles du wāzir de la civilisation musulmane.
Georges BOHAS
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