Né en 1913 à Luino (province de Varèse), Vittorio Sereni passe son enfance à Brescia, puis va étudier la littérature à Milan. Il y rédige un mémoire sur Gozzano, et se lie d'amitié avec les élèves d'Antonio Banfi et les artistes de « Corrente ». Son premier recueil poétique, Frontiera (1941, augmenté et réédité en 1966), est dominé par les paysages lacustres de la Lombardie, où la frontière italo-suisse, opposant l'oppression fasciste à l'appel démocratique de l'Europe, symbolise la tension entre la solitude absolue de l'écrivain et son désir de communion humaine.
En 1942, il part pour le front grec, en tant qu'appelé. Fait prisonnier par les Alliés en Sicile, sans avoir jamais combattu, il est déporté l'année suivante dans les camps français d'Algérie, puis du Maroc. Après la guerre, il retourne enseigner à Milan et publie un second volume de poésie, Diario d'Algeria (Journal d'Algérie, 1947). Épousant le rythme de la méditation, les hésitations de la syntaxe et la simplicité du lexique instaurent une narrativité en ton mineur, qui donne corps à une voix vaincue et isolée, morte « à la guerre et à la paix ». Il Male d'Africa (1958), qui […]
