3. Conditions de gisement et formation
• Volcanisme aérien et volcanisme sous-marin
Les verres basaltiques, d'après ce qui précède, ne peuvent manifestement apparaître et subsister qu'à la faveur de circonstances exceptionnelles. Dans le volcanisme aérien, seules les surfaces de coulées et les projections peuvent subir une trempe assez rapide pour demeurer vitreuses. Cette frange de verre ne dépasse guère quelques millimètres ; les seules formations uniquement vitreuses sont donc des pyroclastites assez exceptionnelles dans ce genre de volcanisme. Par ailleurs, ces produits sont très altérables, d'une part en raison de leur composition chimique et de leur structure, d'autre part en raison de leur gisement en amas non cohérents et finement divisés. Par contre, dans le volcanisme sous-marin, le refroidissement par l'eau est beaucoup plus intense. Une partie du liquide basaltique est pulvérisée en gouttelettes plus ou moins mêlées aux sédiments (hyaloclastites). Dans les pillows et à la surface des coulées, la zone vitreuse peut atteindre une dizaine de centimètres, et représenter une fraction notable des produits émis, comme l'ont montré les observations in situ et les carottages profonds. Ces verres basaltiques ont un grand intérêt pétrologique, car ils réprésentent d'excellents témoins des magmas primitifs, non affectés par les ségrégations précoces de phases cristallisées. Cependant, là encore, l'altération de ces verres est assez rapide. Les échanges d'ions avec l'eau de mer (gain de K, perte de Si, Mg, Ca) et l'apparition de minéraux néoformés (argiles, carbonates, zéolites) constituent le phénomène de « palagonitisation », dont on peut suivre le développement progressif au cours du temps, ce qui peut être une mesure du taux d'expansion des dorsales.
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