Connue historiquement pour son effet antiabortif chez la rate gestante, la vitamine E (alphatocophénol) a fait l'objet de nombreuses recherches depuis la mise en évidence de ses propriétés antioxydantes au niveau des membranes cellulaires et des lipoprotéines. Elles expliquent son utilisation en dermatologie pour freiner le vieillissement cutané sous l'action des radiations ultraviolettes
En novembre 1996, plusieurs études cliniques ont conduit l'American Heart Association à souligner le rôle de la vitamine E dans la prévention cardio-vasculaire. Il est vrai qu'une étude parue la même année, le C.H.A.O.S. (Cambridge Heart Antioxydant Study), a apporté une démonstration éclatante chez deux mille patients atteints d'athérosclérose coronaire : l'administration de doses importantes de vitamine E (de 270 à 540 mg/j), pendant plus de deux cents jours, réduit de 47 p. 100 la mortalité cardio-vasculaire et de 77 p. 100 le nombre des infarctus non mortels.
En réalité, la première démonstration avait été apportée en 1991 par l'équipe de Gey et al. qui avait mis en évidence une relation inverse entre mortalité cardio-vasculaire et concentrations plasmatiques en vitamine E.
Par la suite, plusieurs études de prévention primaire se sont succédé, les plus importantes confirmant le rôle bénéfique de la vitamine E, avec des supplémentations supérieures à 100 mg/j. Les quelques études apparemment discordantes montrent que des doses de l'ordre de 50 mg/j sont, en revanche, insuffisantes pour exercer un effet protecteur, notamment chez les fumeurs. La plupart des experts mondiaux s'accordent aujourd'hui sur ce point.
D'autres travaux ont relancé l'intérêt pour l'alphatocophérol dans le cadre du maintien des fonctions cognitives, l'alphatocophérol pouvant retarder la détérioration fonctionnelle chez des patients atteints de formes modérées de maladie d'Alzheimer
Alain MARIÉ
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