2. Les voies de la poésie
Cette histoire, qui se déroule dans le théâtre de l'âme et aussi dans la « chambre des larmes », mais aussi sur la scène urbaine d'une Florence jamais citée et toujours présente, a été parfois écrasée d'interprétations ésotériques. C'est oublier l'essentiel, à savoir le dialogue de la poésie et de la prose, celle-ci recontextualisant et resémantisant des textes sélectionnés dans une production aussi diverse que contradictoire. La Vita nova est une œuvre auto-réflexive, où l'interrogation sur l'écriture poétique, et ses exigences techniques, renvoie l'auteur et ses lecteurs au mystère de la création : « Il advint que passant par un chemin le long duquel s'en allait une rivière très rapide, il me vint un tel désir de faire des vers que je commençai à envisager la voie que je devais prendre [...] Alors je dis que ma langue parla comme de son propre mouvement et dit Dames qui avez l'intelligence d'amour. »
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