3. Rôle du système nerveux dans la vision
Les photorécepteurs sont toujours en contact avec un neurone sensoriel visuel qui lui-même transmet son excitation, par l'intermédiaire de son axone, aux neurones du cerveau de l'animal. Ces derniers communiquent ensuite leur message à des neurones d'activation des muscles, aboutissant ainsi à une réaction comportementale lorsque les photorécepteurs sont stimulés.
Pour comprendre l'origine de la différence fondamentale entre le monde visuel de l'escargot, celui de la mouche et celui du dauphin, il faut se pencher sur les chemins parcourus par les données visuelles, au sein des réseaux de neurones.
La première différence, la plus facile à percevoir, repose sur le nombre de ces chemins, c'est-à-dire sur le nombre même des neurones. Celui-ci, qui varie fortement d'une espèce à l'autre, augmente avec la complexité et la richesse du répertoire comportemental de l'animal (ou inversement). Le système nerveux de l'escargot contient quelques milliers de neurones, celui de la mouche plusieurs centaines de milliers (1 million chez l'abeille) et celui du dauphin des dizaines de milliards (pour comparaison, entre 10 et 100 milliards chez l'homme).
Si l'on considère la fonction de traitement d'information des neurones, il est assez logique que le nombre restreint de neurones dont dispose l'escargot, pour connaître le monde sur lequel il agit, ne puisse prendre en compte qu'un petit nombre d'informations et n'en obtenir que des connaissances très simples, de type « c'est obscur, c'est plus clair, c'est lumineux ».
L'arsenal sensoriel dont dispose la mouche et l'efficacité avec laquelle cet animal coordonne des actions aussi compliquées que voler entre les feuilles d'un arbre sans s'écraser montrent assez clairement comment, avec près de mille fois plus de neurones, la mouche peut traiter simultanément une multitude d'informations variées. Pendant qu'elle évite les obstacles, la mouche surveille la présence d'éventuels prédateurs tout en maintenant son cap mal […]
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