En août et septembre 1967, à Francfort-sur-le-Main et à Marburg en Allemagne et à Belgrade, éclatèrent simultanément, parmi des travailleurs de laboratoire, trois épidémies d'une maladie aiguë fébrile accompagnée de manifestations hémorragiques graves. Le virus responsable, isolé du sang de plusieurs des malades, fut dénommé Marburg. L'enquête épidémiologique mit en évidence que les vingt-cinq personnes atteintes, dont sept moururent, avaient toutes été en contact avec des singes grivet (Cercopithecus aethiops) récemment importés de la même source en Ouganda. Ces travailleurs de laboratoire avaient soigné les singes en captivité, pratiqué des autopsies et des prélèvements de reins, préparé des cultures de cellules rénales en vue de la préparation de vaccins.
Au contact de ces « cas primaires » se produisirent chez le personnel soignant cinq « cas secondaires » dont un garçon de salle d'autopsie, une infirmière et deux médecins qui se contaminèrent en se piquant accidentellement avec une aiguille utilisée pour faire des prélèvements de sang aux malades.
D'autres cas primaires et secondaires furent ensuite observés avec des origines géographiques diverses (Zimbabwe, 1975 ; Kenya, 1980 et 1987), avant deux grandes flambées en République démocratique du Congo (1998-2000 ; 128 morts) et en Angola (2004-2005 ; 150 morts). En 2007, une étude a établi que la chauve-souris migratrice Rousettus ægyptiacus était un réservoir du virus.
Pierre SUREAU
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