Nom donné à une pléiade de compositeurs dont les œuvres voient le jour entre 1560 et 1620 environ et sont écrites pour virginal ; le terme désigne alors en Angleterre tous les instruments à clavier et à cordes pincées. Ce n'est que plus tard que sera établie la distinction entre harpsichord (clavecin) et virginal (qui deviendra synonyme d'épinette, instrument à un seul registre, sorte de petit clavecin portatif). L'origine du terme serait selon les uns le mot virga (sautereau), selon les autres le fait que l'instrument, le plus souvent en forme de boîte rectangulaire avec clavier sur le côté, était généralement joué par des jeunes filles. On ne saurait en tout cas y voir une allusion à la « reine vierge » (Élisabeth). En tant qu'instrument, le virginal n'est d'ailleurs pas d'origine anglaise, et, au xvie siècle, c'est surtout aux Pays-Bas qu'on en fabrique. Mais la musique écrite pour le virginal appartient bien à l'Angleterre, qui donne ainsi naissance (par-delà l'influence reçue d'un Cabezón, par exemple, arrivé en 1554 avec la suite de Philippe II à la cour de la reine Mary, où il introduit le nouveau style espagnol, en particulier la variation) à la première grande école occidentale de compositeurs pour clavier. Le premier musicien à composer pour le virginal est sans doute Hugh Atson (mort en 1552), et le plus grand très certainement John Bull (1562 env.-1628), dont les œuvres dénotent une virtuosité d'autant plus extraordinaire qu'à l'époque, le passage du pouce étant encore chose inconnue, on ne joue le plus souvent qu'avec trois doigts de chaque main. Immédiatement après lui se situent William Byrd (1543-1623), dont environ cent cinquante pièces nous sont parvenues, Thomas Morley (1558-1602), Orlando Gibbons (1583 env.-1625) et Giles Farnaby (1563 env.-1640), qui parfois, contrairement à Bull, ne se débarrassent pas complètement du style de la musique vocale, et donc écrivent moins bien pour l'instrument. De fait, en ses débuts, la musique pour virginal consiste principalement en arrangements et […]
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