Formé à l'architecture par son père Gian-Domenico (1526-1582), Vincenzo Scamozzi étudie les œuvres de Palladio et fait de nombreux voyages en Italie et en Europe (on conserve de lui un carnet de dessins exécutés d'après des monuments français). Son œuvre est très éclectique. Ainsi, la villa Pisani à Lonigo (1576) et l'église San Gaetano de Padoue s'inspirent directement de Palladio tandis que le palais Trissino al Duomo de Vicence semble plus proche de Serlio. Pour les nouvelles Procuraties qu'il élève place Saint-Marc à Venise à partir de 1584, il s'aligne sur le style décoratif de Sansovino et de la Libreria. Avec le palais Contarini, également à Venise, Scamozzi atteint une élégance classicisante, une ferme définition des volumes géométriques qui n'excluent pas les raffinements maniéristes. Parmi ses travaux, importants et variés, citons le proscenium du théâtre olympique de Vicence laissé inachevé par Palladio (1583-1585), le théâtre ducal de Sabbionetta (1588-1589), un projet pour la cathédrale de Salzbourg, un autre pour le pont du Rialto et divers travaux hydrauliques qui relèvent de l'art de l'ingénieur (1606-1607). Architecte, ingénieur, Scamozzi est en outre un théoricien et publie de nombreux ouvrages archéologiques, notamment un traité intitulé Idée de l'architecture universelle (Idea dell'architettura universale, 1615), qui reste l'élément de base de sa réputation. Comme le titre l'indique, l'auteur envisage toutes les règles d'architecture du monde connu. Il prône les ordres antiques et cherche, par eux, à déterminer la perfection du goût classique, préconisant le choix des formes en fonction de leur finalité pratique. Par là, Scamozzi fut, en quelque sorte, un précurseur des architectes néo-classiques et éclectiques.
Renée PLOUIN
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