D'abord étudiant en droit et en médecine à l'université de Ferrare, Monti se tourna très vite vers les activités littéraires. Il devint membre en 1775 de l'Accademia dell'Arcadia, groupe néo-classique, puis il se rendit à Rome où il fut, de fait, le poète de cour de Pie VI. Les œuvres de cette période, comme Le Pèlerin apostolique (Il Pellegrino apostolico, 1782), sont prodigues en louanges destinées au pape. Un poème de 1793, qui évoque un fonctionnaire de la République française tué lors d'une émeute, à Rome, In morte di Ugo Basville (encore appelé La Basvilliana), est une mise en garde contre la Révolution française.
Mais ses idées vont évoluer sous l'influence des Jacobins italiens auxquels il se lie. Lors de la campagne de Bonaparte en Italie, Monti s'établit à Milan, se retourne contre la papauté (Il Fanatismo et La Superstizione, publiés tous deux en 1797) et se fait le chantre de celui qui peut alors apparaître comme le libérateur de l'Italie (Prometeo, 1797, puis, en 1806, Il Bardo della Serva Nera et La Spada di Federico II) ; Napoléon, qui lui en sait gré, le nomme professeur de poésie à l'Université de Pavie. Après la chute de l'empereur et le retour des Autrichiens, en 1814, Monti fera volte-face et affichera des sentiments ardemment proautrichiens, peut-être par opportunisme ou lassitude plus que par conviction.
Monti écrivit aussi des poésies amoureuses (Pensieri d'amore, 1783), trois tragédies, et surtout des ouvrages sur le langage. Son chef-d'œuvre, rédigé en délicats vers blancs, est son Iliade (1810), qui demeure l'une des plus belles réalisations du néo-classicisme.
Jean-Paul MOURLON
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