Né à Sant'Agata di Militello, près de Messine, Vincenzo Consolo demeure en Sicile jusqu'à l'obtention de son baccalauréat. Comme Verga, Capuana, De Roberto et Vittorini, il quitte alors sa « terre, [qu'il] hésite à appeler patrie », pour Milan, « où se sont toujours réfugiés les poètes et les écrivains [...] fuyant le Sud ». Après ses études de droit à l'université, il retourne enseigner en Sicile et fréquente Lucio Piccolo et Leonardo Sciascia. Son premier roman, La Ferita dell'aprile (La Blessure d'avril, 1963), révèle d'emblée la vocation historique propre à son écriture exaspérée, qui raille âprement le grotesque du rite et dénonce avec malice le règne du soupçon mesquin. Dans le contexte des années de guerre froide et de la lutte anticommuniste menée par l'Église, il relate la vie d'un village de Sicile, dominé par l'édifice imposant d'un orphelinat de garçons.
À la suite d'un vaste mouvement d'émigration des Siciliens vers les régions industrielles du Nord sonnant le glas de la culture agricole, Consolo regagne Milan en 1968. Il y abandonne l'enseignement pour entrer dans une société de communication. Situé à Cefalu, à l'époque du Risorgimento, Il Sorriso dell'ignoto marinaio (Le Sourire du marin inconnu, 1976) dépeint les destins mêlés de deux hommes que tout oppose – un baron et un avocat révolutionnaire – aux prises avec la violence de l'histoire. Tranchant avec le scepticisme de De Roberto ou de Tomasi di Lampedusa, Consolo y adopte pleinement le point de vue des insulaires pour retracer leur ambition d'indépendance, puis leur désenchantement face aux conséquences politiques de l'unité italienne. Il ouvre en outre une réflexion originale sur le thème de la folie et de la « douleur de la connaissance », qui évoque La Connaissance de la douleur de Gadda.
En 1985, Lunaria, « récit dialogué » inspiré par L'Esequie della luna de Piccolo remporte le prix Pirandello. Y est introduite l'image de la lune, « soleil noir » cher à l'auteur. Retablo (Le Retable, prix Grinzane Cavour 1987), r […]
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