Chanson polyphonique en vogue dans l'Italie du xvie siècle, la villanella ne possédait pas, en dehors de la présence d'un refrain, une forme véritablement établie. Généralement écrite pour trois voix a cappella (à la différence de la frottola, à quatre voix), elle reposait le plus souvent sur une série d'accords et de rythmes simples. Certains auteurs dérogeaient parfois aux règles traditionnelles de la composition en recourant occasionnellement à des quintes parallèles, normalement interdites, qui conféraient à la villanella une saveur archaïque. La villanella n'était aucunement rustique et d'origine populaire : elle naquit en fait en réaction à la forme, plus raffinée, du madrigal, dont elle parodiait fréquemment les textes et les airs les plus connus.
Née à Naples, la villanella fut souvent dénommée villanella alla napolitana. Bien que certaines villanelle fussent plus anciennes, cette forme fut surtout populaire entre le milieu du xvie siècle et 1700 environ. Le premier maître du genre fut Giovan Tomaso di Maio (né à Naples vers 1490, mort après 1548), qui publia à Venise, en 1546, un livre de Canzon villanesche... libro primo. Il existe cependant des recueils antérieurs, comme le Canzone villanesche alla napolitana de 1537, anonyme, ou ceux de Giovanni Domenico da Nola (Canzoni villanesche, Venise, 1541), de Vincenzo Fontana (Canzone villanesche... a tre voci alla napolitana, Venise, 1545) ou de Giovanthomaso Cimello (Canzone villanesche al modo napolitano, Venise, 1545). Si la villanella se développa en réaction au madrigal, certains de ses plus beaux spécimens furent composés par des madrigalistes comme Adriaan Willaert, Roland de Lassus et Luca Marenzio. La villanella était étroitement liée à plusieurs autres formes vocales italiennes légères, notamment la mascherata, la moresca, la greghesca, la villota et la giustiniana.
Universalis
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