Viktor Pelevine est une figure énigmatique de la littérature postsoviétique. Extrêmement populaire auprès de tranches d'âge et de couches sociales très différentes, il est entouré d'un mystère qu'il se plaît à entretenir dans sa vie comme dans son œuvre, fuyant les médias et cultivant une poétique de l'ambiguïté.
Né en 1962, ingénieur de formation, il fait partie de la génération de Russes qui a connu une enfance et une éducation soviétiques, mais a abordé la vie active au moment des réformes entreprises par la perestroïka. La publication de ses premiers récits coïncide avec l'effondrement de l'U.R.S.S., la disparition de la censure étatique et l'ouverture du pays à l'Occident.
Cette position à la frontière de deux mondes a profondément influencé son écriture, qui se caractérise par la collision entre des univers de nature radicalement différente. Ainsi, des personnages philosophant sur le sens de la vie s'avèrent être des poulets en batterie ; d'autres sont les pièces d'un échiquier gigantesque ; un autre encore devient le héros du jeu sur ordinateur auquel il joue ; dans la nouvelle La Flèche jaune (Žëltaja strela, 1993), satire de l'U.R.S.S. mai […]
