4. L'art des Vikings
L'art des Vikings prolonge d'abord directement celui de la période des grandes migrations ; il lui doit son thème décoratif favori : les figurations animalières réduites à un graphisme raffiné. Mais les nombreux contacts noués avec l'extérieur ont ajouté à cette donnée de base une quantité appréciable d'emprunts : feuillages (acanthes) du monde carolingien, monstres (lions) de l'Angleterre du Nord, plus tard thèmes chrétiens, presque toujours discrets, et apports orientaux. Tous ces emprunts ont été rapidement assimilés.
Comme tout l'art du haut Moyen Âge, il s'agit d'un art presque toujours anonyme, où les prouesses de l'artisan se distinguent mal des recherches de l'artiste, où la valeur intrinsèque du support a souvent autant d'importance que la qualité du décor. Chaque œuvre diffère en général assez peu de ses devancières comme de ses héritières : les réalisations ouvertement novatrices, comme la « grande pierre de Jelling », sont fort rares.
• Origine et épanouissement du décor
Les origines directes de l'art des Vikings sont à rechercher dans les œuvres de la « période de Vendel » (site de la Suède centrale, viieviiie s.) : des animaux étirés en S et en entrelacs s'étalent sur les bijoux, mais on trouve aussi, sur des casques, des scènes figurées, sobres et expressives, de nature surtout mythologique, qui disparaîtront ensuite. À bout d'imagination, les artistes empruntent souvent à la fin de la période des thèmes (entrelacs, acanthes) à l'art carolingien. Mais, au viiie siècle, dans l'île baltique de Gotland un nouveau décor apparaît, gravé en très faible relief, sur de hautes stèles de calcaires ou de grès ; d'abord des rosaces et des spirales, puis des scènes animées d'une vie intense, sans doute inspirées d'une symbolique funéraire : épisodes domestiques, combats, et surtout de grands navires cinglant à pleines voiles vers l'autre monde[…]
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