6. Arts
• Architecture et sculpture
De l'époque qui suit l'indépendance (xe-xie s.), autour des capitales qui se sont succédé dans la banlieue et sur le site actuel de Hanoi, ont été retrouvés des éléments d'architecture : briques inscrites, dalles de revêtement ornées, tuiles et ornements de toiture. La découverte de la tour bouddhique de Binh-son (près de Viêt-tri), qui est plus tardive (xiie s.), montre l'utilisation de ces décors en terre cuite. D'autres ornements, cette fois en grès, ont été trouvés au monastère Van Phuc de Phât-tich (Bac-ninh). Cet art bouddhique, influencé par la Chine et peut-être par les créations cham, se manifeste également dans les grottes décorées de fresques près de Thien-khe (Tuyên-quang).
Plusieurs monastères de l'époque Lý subsistent : celui de Quan-thanh (1010), la pagode Môt-côt (1049), pavillon de bois posé sur une colonne de pierre dressée au centre d'un étang, la pagode de Long-dôi-son (1121). L'autel de la pagode Thiên-phuc (Son-tây, 1132) marque la fin de cet art.
Il ne reste rien des palais des anciennes capitales vietnamiennes. Il faudrait fouiller dans la zone de Hanoi à Dai-la, à Hoa-lu, à Thang-long, explorer également la citadelle des Hô construite en 1397 (Thanh-hoa). Quelques vestiges subsistent de l'ensemble funéraire édifié au début du xve siècle par Lê Loi près du village de Lam-son. Deux motifs décoratifs vont désormais primer : la volute à arêtes et la flamme, par exemple au monastère de But-thap (1646-1647). Quelques belles sculptures de cette époque ont survécu, comme la statue du moine Minh-hanh (vers 1660), portrait dépouillé, d'une concentration admirable. Mais, dans l'ensemble, les influences chinoises, de plus en plus marquées, vont stériliser toute création dans le domaine de l'architecture officielle (palais et sépultures des Nguyen à Huê). C'est dans les villages, surtout au Tonkin, que se réfugie le véritable art de construire vietnamien. Les maisons communales, les dinh, où se réunissent les notables, où se concentre toute la vie religieuse (autour du génie tutélaire) et sociale de la communauté, perpétuent les antiques traditions locales ; longues structures en bois sur pilotis, autour d'une cour et en général à l'extérieur du village. Les plus remarquables de ces dinh sont peut être ceux de Dinh-bang (Bac-ninh) et de Dac-so (Ha-dông).
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