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NAIPAUL VIDIADHAR SURAJPRASAD (1932- )

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2.  La fiction entre deux mondes

Le protagoniste antillais de The Enigma of Arrival (1987, L'Énigme de l'arrivée) occupe dans la campagne anglaise une petite maison tout près d'une grande demeure aristocratique qui a connu de meilleurs jours. On a vu là une métaphore de la situation de Naipaul, colonial anglicisé sur les marges d'un empire en état de délabrement avancé. La dernière partie du roman voit le protagoniste retourner à Trinidad pour les funérailles de sa sœur. Le pandit hindou qui célèbre la cérémonie apparaît, comme souvent chez Naipaul, sous les traits d'un Indien occidentalisé et « œcuménique » qui tente de prouver à un auditoire peu religieux, que l'hindouisme vaut bien le christianisme ou l'islam. Mais, chose nouvelle, cette hybridité n'apparaît plus aux yeux du narrateur comme une tare. Au contraire il semble presque éprouver de la compassion pour ces êtres qui tentent de trouver un sens dans un univers sans repères.

Avec A Way in the World (1994, Un chemin dans le monde) série de narrations fondées sur la conquête coloniale de la Caraïbe, Naipaul reprend un thème déjà évoqué dans The Loss of El Dorado (1969, La Perte de l'Eldorado), histoire romancée retraçant les premiers siècles d'occupation européenne dans le Nouveau Monde.

Dans Half a Life (2001, La Moitié d'une vie), Willie, un Indien qui se trouve déjà entre deux mondes parce que son père, brahmane, a épousé une femme sans caste, se trouve plongé dans l'univers étudiant londonien des années 1950. Lors du lancement de son premier recueil de nouvelles, il rencontre une Africaine lusophone avec qui il part mener une existence coloniale dans son pays natal à la veille de l'indépendance. Ce roman marque l'obsession de Naipaul pour des êtres entre deux vies, entre deux statuts sociaux, entre deux identités raciales dans une société décrite comme à demi-constituée. Le protagoniste n'envisage d'accéder à la plénitude qu'en s'identifiant à une « vraie » culture non bâtarde. Cependant son statut de colonial l'empêche à jamais de réalis […]

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