Né dans une famille d'origine niçoise, d'un père professeur et passionné de lexicographie, Victorien Sardou fait lui-même de solides études et se consacrera sa vie durant à des recherches d'histoire érudites, en particulier sur Paris, ses monuments et ses musées. Ce goût secret illustre la diversité des talents de celui qu'on prendrait à tort pour un simple amuseur public. Après une première pièce, La Taverne des étudiants, en 1854, qui fut un échec, Sardou se marie avec Mlle Moisson de Brécourt, alors pensionnaire de l'Odéon ; du même coup il épousait le théâtre. En effet son existence ne fut plus qu'une longue suite de succès. Les Premières Armes de Figaro en 1859 et surtout Pattes de mouche, joué au Gymnase en 1860, établissent durablement une réputation qui ira grandissant et n'aura pas attendu Madame Sans-Gêne (1893) pour devenir célébrité. Les plus fameux acteurs voudront l'interpréter : Réjane, Sarah Bernhardt, Coquelin, Lucien Guitry. Dès 1877 il est élu à l'Académie française.
Dans l'étonnante abondance de sa production — une centaine de pièces —, ce qui frappe, c'est la variété. Aucun genre théâtral ne le rebute : de la comédie d'intrigue, légère et bien menée (Pattes de mouche), au drame à grand spectacle (Patrie !, 1869), ou à la tragédie (La Tosca, 1887). Dans Rabagas (1872) il s'adonne à la satire politique contre la Commune et contre Gambetta. Dès le dépôt du premier projet de loi sur le divorce il écrit Divorçons (1880), pièce comique à la façon de Labiche. Il conçoit pour Sarah Bernhardt de grandes pièces antiques, Fédora (1882) ou Théodora (1884). Madame Sans-Gêne est à la fois une comédie de mœurs et un essai de reconstitution historique. Dans Maison neuve (1867) il se montre un observateur attentif et clairvoyant de l'évolution sociale et économique de la fin du second Empire ; il jette d'ailleurs, parfois, sur le monde qui l'entoure, le regard de Balzac ou celui de Flaubert. En 1885, il s'associe avec le librettiste L. Gallet pour transformer Patrie ! en opéra ; et c'est de sa Tosca […]
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