Vicente Huidobro, une des voix majeures de la poésie chilienne du xxe siècle, aux côtés des deux Prix Nobel de littérature Gabriela Mistral et Pablo Neruda, est un des premiers écrivains en Amérique latine à revendiquer l'autonomie du fait littéraire et à refuser la situation « ancillaire » dans laquelle on cantonnait trop souvent la littérature. « En toutes choses il y a une parole interne, une parole latente, sous-jacente au mot qui les désigne – affirmait Huidobro dans une conférence prononcée à Madrid en 1921 – C'est cette parole que doit découvrir le poète [...] La valeur du langage poétique est directement proportionnelle à son éloignement du langage parlé. »
Plus qu'à ses poèmes de jeunesse, Ecos del alma (1911), c'est à la première revue, Musa Joven, que Huidobro crée en 1912, qu'il faut s'attacher. Comme le montrent les poèmes rassemblés en 1913 sous le titre Canciones en la noche et un livre autobiographique de 1914, Pasando y pasando, ses préférences de l'époque vont vers Rubén Darío et le poète mexicain Amado Nervo, l'Argentin Leopoldo Lugones, Banville, Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé. En 1916, Huidobro p […]
