3. « La Destruction, ou l'Amour »
Le titre imprécatoire de ce quatrième livre ne propose pas d'alternance mais une rigoureuse équivalence entre la destruction et l'amour.
Viens, viens mort, amour ; viens vite, je te détruis ; viens car je veux tuer ou aimer ou mourir ou tout te donner ;
Composée en moins d'un an (1932-1933), cette œuvre fait de l'écrivain un homme célèbre. L'Univers y apparaît en genèse, antérieur à toute civilisation. Désordre et profusion vont de pair avec une violente tension vers l'unité. Les amants aspirent à la fusion absolue par la destruction ou l'amour. Un bestiaire particulièrement riche traduit symboliquement l'identité de destin qui unit l'homme à toutes les formes du cosmos ; tigres, lions, scorpions participent à la destruction unique, c'est-à-dire à l'amour universel :
[…]Mort comme la poignée de sable,
comme l'eau qui dans le trou reste solitaire,
comme la mouette qui au sein de la nuit
a la couleur du sang sur la mer qui n'existe pas.
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