Deux pigments artificiels, l'un bleu et l'autre vert, de l'Égypte pharaonique constituent une particularité technologique et historique. Le plus célèbre, le bleu égyptien, apparaît à la IVe dynastie (2620 avant J.-C.). Il est présent sur tous les décors égyptiens ainsi que dans les peintures du pourtour méditerranéen des premiers siècles de notre ère. Le vert égyptien, de teinte turquoise, a été utilisé de façon moins systématique, uniquement sur les territoires de l'empire égyptien. Les éléments constitutifs de ces deux pigments étant les mêmes, on a longtemps pensé que le pigment vert dérivait du bleu, soit à cause d'un mauvais suivi du procédé de synthèse, soit par altération.
Entreprise en 1997, l'analyse physico-chimique des pigments bruts (conservés au Département des Antiquités égyptiennes du musée du L […]

