2. Facteurs écophysiologiques
La diversification des types de vernalisation allait alors s'étendre, surtout en France (depuis 1957, P. Chouard et coll.), d'abord aux plantes vivaces herbacées qui montrent aussi des exigences absolues de vernalisation (benoîte, ou Geum urbanum, germandrée scorodoine, ou Teucrium scorodonia, Scrofularia alata), puis aux plantes ligneuses (cistes, sauges méditerranéennes, thym) et même aux arbres (olivier) ; cela conduisit à admettre l'existence de processus nécessaires au maintien de l'état vivace malgré la vernalisation : états de « non-vernalisabilité », absolus ou non, de certains bourgeons ou de certaines pousses, processus de « dévernalisation » par des circonstances qui freinent trop longuement l'expression florale que le froid a induite (le plus souvent par l'effet de la dominance apicale). On reconnut également, à cette époque, que la vernalisation est inefficace si les réserves glucidiques sont trop faibles (A. S. Krusilin et coll.). On découvre aussi des agents fort divers qui peuvent servir de « succédanés du froid vernalisant » : jours courts (S. J. Wellensiek, P. Chouard), extrême vigueur des plantes par suite d'une forte photosynthèse et d'une riche nutrition minérale (M. Tran Thanh Van), températures chaudes (C. Larrieu), suppression chirurgicale de la dominance apicale ou levée de cette dominance par les cytokinines (M. Tran Thanh Van et P. Chouard), combinaisons de seuils d'actions thermiques et lumineuses chez les Graminées vivaces et fourragères (F. Blondon), exigences, parfois absolues, parfois faibles, d'alternances de températures plus basses la nuit que le jour (par exemple + 3 et + 11 0C) chez l'Œnothera biennis, ou onagre bisannuelle (C. Picard), puis chez l'olivier.
L'action des gibbérellines comme agents endogènes et exogènes de la vernalisation, confrontée avec l'analyse des étapes histologiques de la méristématisation qui l'accompagnent (A. Lang), allait compléter ce tableau écophysiologique en introduisant des processus de type hormonal ; ceux-ci permettent un développement plus physiologique et biochimique, qui aboutit à la dissociation des séquences de la vernalisation et des divers effecteurs.
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