L' art de Vermeer touche aisément la sensibilité de l'amateur moderne et le critique peut évoquer son œuvre avec lyrisme et en termes généraux. Cependant, une étude approfondie du contexte historique dans lequel elle se situe en révèle davantage. Il apparaît alors que Vermeer ne fut pas un pionnier, c'est-à-dire qu'il ne forgea pas un style nouveau ni n'introduisit de conceptions révolutionnaires dans la peinture. Tout au contraire : tant son style que ses thèmes sont empruntés à des maîtres de son entourage néerlandais. Son mérite consista à discerner les conséquences d'une vision que d'autres n'avaient fait qu'effleurer ou ébaucher, et il s'employa avec zèle à tirer le plus grand parti des possibilités offertes par la nouvelle méthode. Son purisme est frappant dès ses premiers tableaux d'histoire : dans ce genre inspiré par l'Italie, il fut le seul à suivre directement les modèles italiens. Vermeer ne changeait pas aisément d'orientation artistique et lorsqu'il le faisait, il devait avoir une idée bien précise des résultats […]


