Écrivain dont l'œuvre considérable fut, pendant longtemps, mieux connue et appréciée à l'étranger qu'en France. Avant Le Silence de la mer (1942), son récit le plus fameux, écrit pendant la Résistance, et qui inaugure les éditions de Minuit clandestines, Vercors s'appelait Jean Bruller. Il était graveur et dessinateur, s'attachant à dénoncer l'absurdité du monde, par exemple dans Vingt et Une Recettes pratiques de mort violente (1926) ou dans Un homme coupé en tranches (1929). Il fallut la guerre et la Résistance, dans laquelle il s'engagea à fond, pour que Vercors, son nom de guerre, prenne le pas sur Jean Bruller et pour que l'écrivain ait raison du dessinateur. En même temps, le pessimiste trouvait une raison d'espérer dans le combat même qu'il menait contre les forces du désespoir.
Le Silence de la mer fut un événement politique plus que littéraire. Le récit fut accueilli fort diversement à l'époque. Certains furent enthousiasmés par le symbolisme un peu facile et par un style recherché ; d'autres, au contraire, voyaient dans cette nouvelle une manœuvre des collaborateurs. En réalité, le personnage de von Ebrennac incarne un appel : […]
