1. Animaux venimeux, animaux vénéneux
Les animaux venimeux sont caractérisés par la présence d'une glande exocrine spécialisée qui produit une substance toxique ou venin. On distingue les animaux venimeux « actifs » et les animaux venimeux « passifs ». Chez les premiers, les plus nombreux, la glande à venin est reliée à un appareil inoculateur plus ou moins perfectionné qui permet une introduction directe du venin dans un organisme ou, dans quelques cas (certains serpents, myriapodes, scorpions), sa projection (irritante pour les yeux). Les animaux venimeux « passifs » (amphibiens, certains arthropodes comme les iules) ne disposent que de la glande à venin, étant dépourvus de dispositif d'inoculation. Le venin ne peut alors pénétrer dans le milieu intérieur d'un organisme que par une blessure ou par le franchissement d'une muqueuse externe (conjonctive, par exemple). Tous les grands groupes zoologiques comptent des représentants venimeux, à quelques rares exceptions près dont la plus notable est celle des oiseaux.
Les animaux venimeux s'opposent aux animaux vénéneux. Ces derniers, qui concentrent dans leurs tissus des substances toxiques alors appelées poisons et provenant de leur nourriture habituelle ou occasionnelle, ne doivent pas être consommés, leur chair étant toxique. C'est le cas, par exemple, de certains tétrodons, de certains poissons coralliens contaminés par des toxines de dinoflagellés (algues unicellulaires), de certains oiseaux (pitohui de Nouvelle-Guinée, caille européenne) qui concentrent des alcaloïdes végétaux ou animaux les rendant impropres à la consommation, d'une couleuvre asiatique, Rhabdophis tigrinus, qui stocke de la bufadiénolide (issue des crapauds dont elle se nourrit) dans ses glandes nucales pour se protéger de ses prédateurs.
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