Région de l'Italie du Nord-Est, la Vénétie peut se définir de plusieurs façons. Au sens large, c'est la plaine d'Italie du Nord à l'est du lac de Garde, avec ses annexes montagnardes, c'est-à-dire l'essentiel de la région que Venise a historiquement dominée et organisée. Sensible au prestige du nom de Venise, le nationalisme italien de la fin du xixe siècle a étendu le concept de Vénétie aux régions irrédentes de la Vénétie tridentine (Trentin-Haut-Adige actuel) et de la Vénétie julienne (dont la plus grande partie appartient aujourd'hui à la Slovénie). Il ne sera question, ci-après, que de la région administrative de Venise (Veneto), plus restreinte, qui groupait 4 775 000 habitants en 2006 sur 18 377 kilomètres carrés.
Cette région consiste, pour les trois quarts de son étendue, en une plaine inclinée vers le cours inférieur du Pô à l'ouest, vers l'Adriatique à l'est, et divisée, de part et d'autre d'une zone de résurgences, en une haute plaine sèche, aux sols souvent médiocres, et une basse plaine humide, fertile, mais où la maîtrise des eaux a été difficilement acquise. Accidentée seulement par les monts Berici (444 m, calcaires) et Euganéens (603 m, volcaniques), elle se poursuit identique en Frioul. Elle est le domaine de la petite exploitation (moins de 10 ha) en faire-valoir direct. À la céréaliculture à hauts rendements (maïs, blé ; riz dans le Polésine) s'ajoutent les cultures maraîchères (régions de Vérone, Padoue, Vicence), le vignoble, l'élevage bovin, l'aviculture. La côte, basse et lagunaire, ne possède pas d'autre port notable que Venise. La montagne (Dolomites) n'offre pas de passages commodes vers le nord, mais la Val Sugana permet de gagner la vallée de l'Adige et, de là, le Brenner.
La suprématie vénitienne a marqué profondément l'organisation de l'espace régional : Venise a monopolisé le trafic maritime, conquis la terre ferme, soumis à son pouvoir les villes qui avaient coordonné, dès le xiiie siècle, la reconquête agricole des terres basses abandonnées lors des invasions barbares. Malgré son déclin, elle a su conserver son rôle de capitale régionale. Surpeuplée, la Vénétie a connu, après la Première Guerre mondiale, une émigration massive ; l'industrie n'a connu un véritable essor qu'après 1944. Padoue, Vérone, Vicence se sont développées plus vite que Venise qui, par ailleurs, conserve la direction administrative, maintient son rôle touristique, étoffe ses fonctions portuaires et industrielles concentrées à Porto Marghera et à Mestre. En raison de cet essor, le solde migratoire est positif depuis la fin des années 1960.
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