1. Premiers pas de la vélocipédie (1817-1870)
Le 12 juillet 1817, à Mannheim, un Allemand, le baron Karl Drais von Sauerbronn, assis à califourchon sur une poutre en bois reliant deux roues, parcourt 14,4 kilomètres en une heure par la seule poussée de ses pieds. Quatre ans plus tard, il dépose le brevet du « vélocipède » – stricto sensu une machine permettant d'avancer avec vélocité par l'action des pieds. Objet révolutionnaire, sa draisienne conquiert le cœur des élites après la première démonstration faite à Paris dans les jardins du Luxembourg le 5 avril 1818. Mais la draisienne – le hobby-horse anglais – reste un objet aussi baroque que sommaire et, surtout, faute de pédales, coûteux en énergie. Sur un modèle emprunté à la culture hippique naissent dans les capitales européennes des manèges pour apprendre à pousser son vélocipède, mais la mode en est éphémère.
Avec les années 1860, la forme du vélocipède change. Il regagne l'attention de ceux qui peuvent l'acquérir, car le vélo est d'un usage parfaitement élitiste. C'est à cette période que s'établit la première génération des constructeurs qui vont moderniser la forme du vélo. En 1861, Pierre Michaux et son fils Ernest mettent au point des pédales fixées en prise directe sur le moyeu de la roue avant. Les adeptes du vélo doivent désormais faire l'apprentissage de l'équilibre. Ce type d'engin gagne les États-Unis sous le nom de bicycle. En 1872 apparaît en Angleterre le grand-bi, dont la roue avant, hypertrophiée, assure un meilleur développement au pédalage et impose, pour l'équilibre, de réduire la taille de la roue arrière. À l'origine en bois, il est bientôt fabriqué en acier et, vers 1875, Jules Truffault a l'idée d'alléger les jantes et les fourches (désormais creuses) et de remplacer les lourds rayons en bois par des rayons métallique tendus. Le grand-bi ne sera plus guère modifié jusqu'au début des années 1880. Imposant aux vélocipédistes juchés sur une selle culminant parfois à près de 2 mètres de hauteur […]
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