4. Les chefs-d'œuvre romains
Pour son second voyage en Italie (1649-1651), Velázquez est d'abord au « service du roi » : il parcourt les villes du nord de la péninsule à la recherche de peintures et d'antiques destinés à décorer les nouvelles salles des palais madrilènes. Est-ce la liberté retrouvée ou bien l'influence de nouvelles œuvres, ou de nouveaux courants picturaux qui expliquent les chefs-d'œuvre romains de 1650 ? Les portraits de son serviteur Juan de Pareja (Metropolitan Museum, New York) et du pape Innocent X (Galleria Doria, Rome), deux personnages situés aux antipodes de la hiérarchie sociale, sont stylistiquement proches : la composition de ces deux toiles s'inspire des portraits de Raphaël, le visage et l'habit déterminent l'unité de coloris, brun-vert ou rouge, qui souligne l'intensité de l'expression. Les deux petites Vues du jardin de la villa Médicis (Prado) transposent pour la première fois à l'huile la pratique du dessin exécuté en plein air : le primat accordé à la lumière dans ces œuvres permet de parler de pré-impressionnisme. Peinte en Italie ou juste après son retour, la Vénus au miroir (National Gallery, Londres) n'offre pas sa nudité au regard comme chez Titien : le jeu des courbes du dos et des hanches, la position du miroir lui donnent à la fois plus de mystère et d'humanité.
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