Un des rares inventeurs et rénovateurs de la sculpture après Brancusi et Giacometti, Takis, né en 1925 à Athènes, s'est installé à Paris en 1954. Autodidacte, ayant appris des artisans grecs la technique ancienne du travail de la pierre, à l'imitation du travail de l'eau sur les galets, il a commencé son œuvre par des sculptures qui rappelaient l'art cycladique et les personnages filiformes de Giacometti. Très tôt fasciné par l'invention du radar et par ce qu'il appelle le « paysage technologique » des gares de triage, il a, dès 1954-1955, entrepris une série de Signaux, mobiles et verticaux, d'emblée très différents des mobiles horizontaux de Calder. Il les a associés, en 1957, à des feux d'artifice en les exposant sur des trottoirs de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés, précédant ainsi les manifestations de l'« art dans la rue ». En 1959, il a l'idée d'utiliser la force magnétique pour maintenir des éléments métalliques dans l'espace. Baptisées « télémagnétiques » par Alain Jouffroy, ces premières sculptures, libérées de l'attraction terrestre, tentent de rendre visible et sensible l'énergie invisible qui tient tout en suspens. Ayant choisi comme premier lieu d'exposition la galerie Iris Clert, dont il a encouragé la création, il y entre en rivalité stimulante avec Yves Klein et Jean Tinguely, dont les innovations l'intéressent et qui cherchent à incorporer ses idées aux leurs. En 1960, après l'envoi par les Soviétiques de la chienne Laïka dans l'espace, il veut être symboliquement le premier à libérer l'homme de la pesanteur et, avec le concours de poètes comme William Burroughs, Gregory Corso et Sinclair Bailes, il fait lire à ce dernier un poème dans le vide, entre le sol et le plafond de la galerie. En 1961, il publie en français Estafilades, un livre autobiographique qui retrace avec énergie son expérience d'enfant et d'adolescent dans les quartiers misérables d'Athènes, depuis l'occupation allemande jusqu'à la guerre civile contre le fascisme des colonels. Ses sculpt […]
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