L'enfance et la jeunesse de Choukchine sont celles de nombreux jeunes de sa génération : enfance pauvre dans un kolkhoz de Sibérie, avec ses privations, mais aussi ses joies, qu'il a décrites dans ses nouvelles à caractère autobiographique (Lointaines Soirées d'hiver...). À seize ans, il travaille au kolkhoz, puis part sur des chantiers et fait mille métiers : ouvrier, radio dans la marine, directeur d'école... Ce n'est qu'à vingt-cinq ans qu'il entre à l'Institut du cinéma de Moscou. Il en sort en 1960, ayant entre-temps joué dans plusieurs films ; en 1962 paraissent ses premières nouvelles. Il mène de front diverses activités : de 1962 à 1974, cinq recueils de nouvelles, trois romans, cinq films (dont le dernier, L'Obier rouge, a suscité des discussions passionnées dans toute l'U.R.S.S.), nombreux rôles au cinéma. Cette œuvre abondante est inégale mais a toujours suscité un grand engouement qui tient d'abord à son réalisme : elle sonne juste. Choukchine se déclare ennemi de tout schéma (héros positif contre héros négatif), de tout « embellissement de la réalité ». Respectueux de ses lecteurs, de son public, conscient de ses devoirs de créateur et de communist […]
