3. Une longue agonie
Alors que, depuis 1914, il est retenu en résidence surveillée en Hongrie du fait de la guerre et de sa nationalité, avec sa femme et sa fille Kyra, Nijinski est autorisé à quitter le pays belligérant pour rejoindre, en 1916, la tournée des Ballets russes aux États-Unis, organisée par Diaghilev. En l'absence de ce dernier resté en Europe, il dirige la tournée américaine et crée, le 23 octobre 1916, à New York, un ultime et légendaire ballet, Till Eulenspiegel (musique de Richard Strauss, décor de Robert Edmond Jones), qui ne sera jamais repris par la compagnie avec laquelle il danse encore en 1917 en Espagne et de nouveau en Amérique du Sud. Au bord de la folie, sa dernière apparition sur scène a lieu le 30 septembre 1917 à Montevideo. Réfugié en Suisse, il montre des signes d'un déséquilibre psychique croissant, dont témoignent ses étranges dessins et son fascinant journal. Passant des cliniques aux domiciles de sa femme, et en dépit des soins et des visites, Nijinski ne sortira pas de sa schizophrénie mystique, parfois violente, parfois apathique. Il décède à Londres le 8 avril 1950. À l'initiative de Serge Lifar, cet éphémère dieu de la danse est solennellement inhumé le 16 juin 1953 à Paris, au cimetière Montmartre, près de la tombe de Vestris.
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