3. La ville martyre
La population de Varsovie dépasse le million d'habitants en 1925. La croissance démographique se poursuit durant l'entre-deux-guerres malgré l'inflation, l'effondrement du commerce et l'instabilité politique. Les industries automobile et aéronautique font également leur apparition, tandis que les services urbains connaissent un nouvel essor. Varsovie devient l'un des foyers culturels de l'Europe, comme en témoigne la création de concours internationaux tels que le concours Chopin pour les pianistes (1927) et le concours Henryk Wieniawski pour les violonistes (1935).
Lorsque les troupes nazies assiègent la ville en 1939, plus de 10 000 Varsoviens trouvent la mort et plus de 50 000 sont blessés avant d'être contraints de se rendre, faute de vivres et d'eau. L'occupant nazi cherche alors à réduire Varsovie au rang de simple ville provinciale : il pille ainsi systématiquement ses trésors culturels et déporte ses habitants vers les camps de travaux forcés en Allemagne ou les camps de concentration.
La communauté juive de Varsovie est décimée. Au début du siècle, la ville pouvait se prévaloir d'être la plus grande concentration urbaine juive au monde. Les juifs de Varsovie étaient largement représentés dans la bourgeoisie et l'intelligentsia de la ville. Outre une entière liberté religieuse et politique, ils possédaient leur propre presse, un théâtre yiddish et des écoles confessionnelles. Des conflits surgissaient parfois avec le reste de la société varsovienne, mais ils n'avaient rien d'alarmant juste avant le début de la guerre.
Dès leur entrée à Varsovie, les Allemands créent un ghetto où ils enferment les juifs. Des milliers d'entre eux meurent alors de maladie, de faim ou en raison des conditions de vie insalubres dues à la surpopulation, avant même que commencent les déportations vers les camps de la mort, notamment Treblinka, à la fin de 1941. Quelque 312 000 juifs sont envoyés dans les chambres à gaz pour la seule année de 1942. L'insurrection du ghetto de Varsovie, en avril 1943, au […]
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