Marcus Terentius Varro est né à Réate en Sabine. Sa longue vie couvre presque entièrement le dernier siècle de la République et coïncide avec la série de crises qui ont changé la face de l'État romain. Il étudie d'abord à Rome, sous la direction du grammairien Aelius Stilo, puis à Athènes, avec le philosophe Antiochus d'Ascalon. Il entreprend une carrière politique qui le mène jusqu'à la préture. Très lié à Pompée, il prend part à la guerre contre les pirates (~ 67) et plus tard commande en Bétique les forces pompéiennes (~ 49). Mais, après Pharsale, il rentre en grâce auprès de César, qui le charge d'organiser les bibliothèques publiques. Il a la chance, après les ides de mars, d'échapper aux proscriptions d'Antoine. Il se consacre alors entièrement, jusqu'à sa mort, à ses travaux littéraires. Esprit encyclopédique, il compose une œuvre immense : soixante-quatorze ouvrages environ comptant six cent vingt livres. Il touche à tous les genres, à tous les sujets : poèmes, traités de morale et de philosophie, biographies, tableaux historiques, compilations archéologiques, histoire littéraire, théâtre, grammaire, traités d'agriculture, de navigation, météorologie, enseignement... Il a ainsi recueilli, condensé et catalogué l'ensemble de la science des érudits qui l'ont précédé. Il fut pour cette œuvre longtemps considéré comme le troisième grand de la littérature latine, après Cicéron et Virgile, ses contemporains. Mais nous ne possédons plus de lui que les trois livres de l'Économie rurale (Rerum rusticarum libri III, ~ 37), les livres V et X du traité De la langue latine (De lingua latina), ainsi que des fragments dispersés des Satires Ménippées (Saturae Menippeae) et des Antiquités (Antiquitates rerum humanarum et divinarum, ~ 47).
Les Satires Ménippées, du nom du philosophe cynique Ménippe de Gadara, créateur de ce genre littéraire, traitent, sur un ton ironique et familier mêlant prose et vers, de sujets pris dans l'observation de la vie du temps : querelles philosophiques, événements politiqu […]
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