2. La croissance spectaculaire d'une ville hors du commun
Alors que sa position géographique, qui en fait un isolat à plus de 4 000 kilomètres du heartland ontarien et québécois, pouvait apparaître comme un handicap quelles que soient les conditions naturelles régionales, Vancouver affiche le paradoxe d'une croissance continue et récente. En 1972, l'agglomération franchit le seuil du million d'habitants, alors qu'ils n'étaient que 560 000 au recensement de 1951. Quarante années suffisent, entre 1946 et 1986, pour assister au doublement du nombre de personnes recensées dans la R.M.R. La croissance de la ville par rapport aux autres agglomérations canadiennes est significative jusqu'à la fin du xxe siècle : entre 1991 et 1996, la variation était de + 14,3 p. 100 (+ 9,4 p. 100 à Toronto, + 3,4 p. 100 à Montréal), alors que de 2001 à 2006 elle n'était plus que de + 6,5 p. 100 (+ 9,2 p. 100 à Toronto, + 5,3 p. 100 à Montréal). En fait, Vancouver est à l'image de la province dont elle est la capitale économique puisque, de 1991 à 1996, la progression de la Colombie-Britannique était de 13,5 p. 100 puis de 5,3 p. 100 de 2001 à 2006. On ne mentionnera que pour mémoire les densités : 735 habitants par kilomètre carré à Vancouver, seulement 4,4 pour la province, vaste il est vrai comme 1,6 fois le territoire français.
C'est aux voies de communication que Vancouver doit avant tout cette croissance. En 1886, l'arrivée du premier transcontinental ferroviaire canadien est déterminante. Le long du rivage de Burrard Inlet, la gare permet le transbordement des marchandises – les céréales entre autres – des wagons directement sur les navires. Désormais, les provinces des Prairies n'ont plus pour unique débouché les Grands Lacs et le Saint-Laurent. À cette fonction liée à la rupture de charge va s'ajouter aussitôt la gamme des industries de transformation. Car le port importe également : Vancouver devient, dans le premier tiers du xxe siècle, le plus important centre de collecte et de redistribution de toute […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



