Parmi les peintres du groupe fauve, un certain nombre d'artistes font figure d'isolés. Le plus intéressant d'entre eux est le Hollandais Van Dongen, par l'ampleur de son œuvre et par sa personnalité.
Né près de Rotterdam, Van Dongen arrive à Paris en 1897. Sans ressources, il va exercer divers métiers avant de s'installer à Montmartre au Bateau-Lavoir. Le marchand Vollard lui organise en 1904 une exposition personnelle et, l'année suivante, il expose au Salon d'automne avec les fauves.
Van Dongen avait appris à remplacer le trait dessiné par le trait coloré, selon la technique de Toulouse-Lautrec, et Van Gogh lui avait suggéré la valeur émotionnelle de la couleur. Fauve avant la lettre, le peintre néerlandais avait exécuté en 1902 un remarquable Portrait de la Goulue qui précède de quelques années les œuvres de Vlaminck et de Derain, où la couleur pure remplace la structure dessinée.
Au Salon de 1905, il expose deux toiles très marquées par une volonté chromatique et, dès ce moment, le peintre s'exprime dans un langage libéré de toute contrainte (Autoportrait, 1905, coll. Van Dongen, Monaco ; Le Clown, 1905, coll. part., Paris ; B […]
