Les grandes épopées hindoues, le Mahābhārata (« La Grande Guerre des Bharatas ») et le Rāmāyana (« la Geste de Rāma ») sont des compilations relativement tardives (peut-être du ~ ive s.) d'éléments composés longtemps auparavant. C'est pourquoi le Mahābhārata, par exemple, est attribué symboliquement à Vyāsa, dont le nom signifie « compilateur », « arrangeur ».
Pour le Rāmāyaṇa, la situation est la même, le premier et le dernier chant étant, par exemple, des éléments surajoutés qui nuisent à l'harmonie du poème. Mais le noyau central présente une unité telle, à la fois pour la composition et le style, qu'il n'est pas absurde d'y voir la marque du talent d'un auteur unique. On peut donc penser que Vālmīki, à qui la tradition brahmanique attribue la composition du Rāmāyaṇa, a opéré un travail de mise en ordre d'éléments anciens, combiné avec une recherche, proprement littéraire, visant à récrire en sanskrit des passages qui, à l'origine, étaient en langue « populaire ». En définitive, le Rāmāyaṇa, tel qu'il se présente à nous, est mieux écrit et mieux composé que ne l'est le Mahābhārata, Vālmīki passant ainsi, aux yeux des historiens de la littérature sanskrite, pour le premier poète classique.
Jean VARENNE
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