3. Portrait de l'artiste comme « père enfantin »
Paradoxe de l'enfance également, car, fils « de vieux » (le père, propriétaire de la source Saint-Yorre, meurt tôt) et de santé fragile, suffoqué par une mère couveuse et cabotine, au lieu de s'évader vers le conte de fées (un peu à l'instar d'un Alain-Fournier), ou même vers ce plus haut domaine de fantaisie qu'est la féerie romanesque, Larbaud profite de tous les éléments et de tous les moments de sa vie d'« enfant déchu » et y revient constamment. Mais ce n'est ni pour soupirer ni pour s'en plaindre précisément. Chez lui, déjà au moment de l'action ou de la pensée, on est placé sur les bords du passé, le regret s'encadrant avec l'évocation. Ainsi, dans les meilleures des Enfantines – son chef-d'œuvre sans doute, avec Beauté, mon beau souci (1923) et certaines pages de son roman Fermina Márquez (1911) et d'autres recueils (Aux couleurs de Rome, 1938, Jaune, bleu, blanc, 1927, par exemple) –, le point de vue sur l'enfance n'est pas purement nostalgique et donc d'un déterminisme facile ; la tristesse fait partie du bonheur et celui-ci ne peut pas s'en séparer.
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