Les Latins employaient déjà des valérianes méditerranéennes, mais les propriétés antispasmodiques de la valériane officinale (Valeriana officinalis L. ; valérianacées) n'ont été révélées qu'en 1522 par le Napolitain Fabius Columa (il s'était guéri de l'épilepsie par son usage). La racine de valériane, seule partie employée, renferme une essence de composition complexe (terpènes, esters du bornéol), de l'acide isovalérianique, responsable de l'odeur particulière du produit sec, des alcaloïdes, chatinine et valérine, et de la pyrryl-α-méthylcétone, qui constituerait le principe actif essentiel.
Excitante des centres psychiques à faible dose, la valériane est déprimante et paralysante à forte dose. Également sédative et quelque peu somnifère, c'est un remarquable antispasmodique. Elle est indiquée dans les névroses, l'insomnie, l'hystérie, les convulsions, « tous les cas d'hyperexcitabilité psychique et sensorielle » (Leclerc). Adjuvant dans l'épilepsie, elle est utile aussi dans les affections nerveuses de l'estomac et de l'intestin (où elle se montre de surcroît vermifuge). La teinture alcoolique est le mode d'administration à préférer : de 5 à 15 grammes par jour. Respecter les doses.
Pierre LIEUTAGHI
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