L'empereur Julien fut tué au combat en 363. Un chrétien modéré, pris dans les rangs des militaires pannoniens, fut désigné pour lui succéder : Jovien. Mais ce ne fut qu'un bref intermède, car le nouvel empereur mourut très vite.
En 364, les officiers et quelques hauts fonctionnaires choisirent Valentinien pour assurer la succession ; ce personnage et son règne illustrent bien l'époque que l'on appelle maintenant l'« Antiquité tardive ». Âgé de quarante-quatre ans, le monarque ressemble beaucoup à son prédécesseur : il vient de Pannonie, a fait carrière dans l'armée et est considéré comme un orthodoxe tolérant ; il a la réputation d'être énergique et honnête, mais coléreux. En outre, il a acquis assez de culture pour distinguer le talent d'Ausone, qu'il donne comme précepteur à son fils Gratien. Immédiatement, il prend comme associé son frère Valens, âgé de trente-six ans, qui était, lui, un arien fanatique ; il lui confie l'Orient et garde pour lui l'Occident. Désormais il existe un empire mais il y a deux empereurs. Chacun vit avec sa cour (celle de Valentinien se trouve à Milan) et dispose d'une armée distincte. Le pouvoir, toujours absolu, présente un triple aspect : politique, religieux et militaire (Dieu donne la victoire au monarque, manifestant ainsi son appui).
Les choix de Valentinien sont en général bien acceptés. Il essaie d'abord de gouverner en harmonie avec le Sénat : il institue un avocat du Sénat, le defensor Senatus, et veille à ce que les préfets de la ville soient recrutés au sein des grandes familles romaines, en faisant alterner païens et chrétiens. Mais une affaire de magie détériore la situation, et des persécutions, qui se traduisent par des exécutions, éclatent à partir de 369 ; elles provoquent l'hostilité d'Ammien Marcellin qui est très lié au clan aristocratique. Valentinien allège les charges des curiales en transférant à l'État certaines de leurs responsabilités fiscales ainsi que l'entretien du cursus publicus, la poste officielle. Il essaie aussi de s'appuyer s […]
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